Cuve de Meknès

D.1979-2

La cuve Meknès, située à Moruroa, est utilisée pour des « tirs froids ». Il faut des combinaisons, des masques et des solvants extrêmement inflammables pour lessiver le plutonium. Cest dans ces conditions quun agent est tué et un autre gravement blessé. Après lexplosion, selon un témoin, « il y avait de la poussière partout ». Un avion qui survolait la zone dut être décontaminé à son arrivée à Tahiti.

http://www.hilliontchernobyl.com/muru3.htm

«Moi, je n’y vais pas, à Moruroa, car il n’y a rien à voir. Que du béton, du béton, du béton», décrit Roland Oldham. D’immenses dalles grises ont en effet recouvert le sable blanc. Et sous le béton des tropiques, parfois fendu, des radioactifs. Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la Criirad, évoque des restes entassés dans «des puits qui n’ont pas été conçus comme des stockages à long terme de déchets radioactifs» et qui sont implantés à des endroits «qui présentent une instabilité géomécanique avérée». Au fond du lagon, des cheminées de tir résistent au temps et au sel. Elles contiennent des quantités importantes de plutonium 239, un élément particulièrement nocif dont la radioactivité ne diminue de moitié que tous les 24.000 ans. Les cheminées côtoient des carcasses de véhicules militaires ou des restes de matériel, contaminés, dont les autorités n’ont pu se débarrasser autrement qu’en les immergeant.

Un ancien ingénieur du CEA, Ghislain Houzel, confiait à La Dépêche de Tahiti, en août : «La cuve Meknès [un blockhaus utilisé pour des «essais complémentaires», ndlr] a été abandonnée, mais il fallait enlever tous les produits radioactifs. Tout ça a été mis dans un conteneur, dans lequel on a ensuite coulé du ciment. À l’époque, une décision complètement stupide a été prise: on l’a mis sur une barge et on l’a largué au large de la passe de Moruroa.»

En 1999, la Criirad réclame que les îles de Moruroa et Fangataufa soient classées sites de stockage de déchets radioactifs, «du fait de la radioactivité artificielle accumulée dans leur sous-sol».La demande la Criirad est restée sans suite. Notamment parce qu’en 1998, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a considéré les «risques radiologiques pour les générations actuelles et futures» comme étant «négligeables». La même agence avait d’ailleurs déclaré qu’«il [n’était] pas nécessaire de poursuivre la surveillance de l’environnement de Moruroa.»

Marion Lecas et Victor Le Boisselier, Slate.fr, 13 septembre 2018 à 16h01 — mis à jour le 14 septembre 2018 à 15h02

accidents ont été signalés dont l’un des plus graves est celui du 5 juillet 1979 lors de l’explosion de la cuve Meknes (1) sur l’atoll de Mururoa.”

Cet incident me touche à plusieurs titres, puisque nous avons perdu un de nos camarades de STMI et retrouvé l’autre grièvement blessé. Dans le document des plaintes, on peut lire : “La cuve MEKNES située dans la zone Denise de Mururoa était utilisée pour la réalisation de “tirs froids” avec matière nucléaire sans réaction nucléaire.
Pour procéder à la de la cuve et notamment pour lessiver le plutonium sur les murs, il fallait, être revêtu de combinaison vinyle et de masque, (schadock) utiliser des solvants extrêmement inflammables. C’est dans ces conditions qu’un violent incident s’est déclaré suivi d’une explosion.
René V. (CEA) qui n’a pu s’extraire immédiatement de la cuve a été tué, un autre agent Gérard F. (STMI) a été gravement blessé. Il est décédé quelques jours plus tard après son transfert en Métropole. Deux autres opérateurs ont été gravement blessés Jean-Luc L. (STMI) et … (CEA) . Des victimes provenant de divers centres du Commissariat à l’Energie Atomique et de STMI.
Selon un témoin après l’explosion ” il y avait de la poussière partout” (cité par Bruno Barrillot, l’héritage de la bombe page 58). Aucune indication n’a été donnée sur ce qu’est devenu le matériel qui devait être sorti du caisson et se trouvait devant la porte pour être enterré(2).
Il a été projeté au moment de l’explosion et a dû contaminer une zone indéterminée.
Un avion qui avait survolé la zone a du être décontaminé à son arrivée à tahiti.”

http://www.hilliontchernobyl.com/muru3.htm

http://archivesgamma.fr/1979/07/05/cuve-de-meknes