Teenage Caveman

D.1958-1

Teenage Caveman (1958) de Roger Corman relate un monde de préhistoire fait de coutumes ancestrales et de lois immuables. Un adolescent rebelle s’efforce de les transgresser et de surmonter l’interdit majeur de cette petite société, en franchissant une rivière pour accéder à l’autre rive, où se tient le « monstre qui donne la mort », comme disent les protagonistes, soigneusement gominés. On découvre après la mort du monstre en plastique que la société préhistorique est en réalité une société postapocalyptique, dont les occupants sont les derniers survivants d’un holocauste nucléaire ; le monstre errant avec sa combinaison carbonisée donne la mort car il irradie tous ceux qui le touchent.

Teenage Caveman (1958) de Roger Corman relate un monde de préhistoire fait de coutumes ancestrales et de lois immuables. Un adolescent rebelle s’efforce de les transgresser et de surmonter l’interdit majeur de cette petite société, en franchissant une rivière pour accéder à l’autre rive,
où se tient le « monstre qui donne la mort », comme disent les protagonistes, soigneusement gominés. On découvre après la mort du monstre en plastique que la société préhistorique est en réalité une société postapocalyptique, dont les occupants sont les derniers survivants d’un holocauste nucléaire ; le monstre errant avec sa combinaison carbonisée donne la mort car il irradie tous ceux qui le touchent.
La préhistoire est le miroir des inquiétudes modernes, l’annonce d’un retour à un âge antérieur, et plus qu’une inversion métaphysique du temps, elle dessine les contours de l’état régressif futur. le disait bien lors d’un entretien donné en 1969, « notre futur tend à être préhistorique », comme le rappelle Thomas A. Zaniello :

Les textes de Smithson, ainsi qu’un nombre considérable de ses oeuvres, entretiennent
des affinités avec la science-fiction en général et avec maints autres écrivains dont la proximité avec le genre était devenue patente. Il n’est qu’à relever les préoccupations de l’artiste pour un certain type d’environnement, son intérêt pour le concept scientifique d’entropie et son usage d’une nouvelle forme d’ appelée « fiction ». Ces trois facteurs sont pour covalents ; ils se manifestent à travers le paysage du futur (qui ressemble de manière troublante au passé préhistorique) sur une dont les sources d’énergie se dissipent (entropie) et des enquêtes quasi scientifiques et littéraires, ou des relevés cartographiques de la réalité, le tout dépeint dans des « fictions 13 ».

Le futur qui tend à devenir préhistorique ne l’est donc pas tout à fait
encore, c’est un devenir-préhistorique, une nouvelle ère de déclin dans laquelle
nous sommes en train de basculer, à moins que nous n’y soyons déjà depuis
longtemps.

Olivier Schefer, Préhistoire, culture populaire et série B

http://archivesgamma.fr/2021/04/22/3079