Empaillé

C’est une exposition dont les œuvres ne sont pas en place ; elles ne peuvent pas ou ne peuvent plus l’être, parce qu’elles ont été irradiées. Jusqu’à l’accident nucléaire de Fukushima, le 11 mars 2011, elles étaient présentées au d’Histoire et de Folklore de la ville de Futaba, située à quatre kilomètres de la centrale. La ville a été entièrement évacuée et aujourd’hui désignée «zone de retour difficile». Que faire de ces choses (animaux empaillés, objets rituels traditionnels, outils artisanaux…), dépositaires de la mémoire des populations locales ? Dans les diffusés au centre d’art parisien Kadist, l’artiste pose la question à des conservateurs, des scientifiques et des philosophes dont certains ont entrepris, quelques mois après la catastrophe, un sauvetage sauvage des collections du de Futuba, laissées «à la merci de la nature ou des animaux sauvages, confie l’un d’eux. Sans électricité, les musées de la zone n’étaient plus climatisés : cela signifiait que les objets finiraient par moisir et se détériorer. Pendant ce temps, les professionnels des musées ne pouvaient faire ce pour quoi ils étaient formés», c’est-à-dire prendre soin des pièces. Ils y sont donc allés, en prenant certes toutes les précautions, mais dans des conditions rocambolesques.

Judicaël Lavrador, Libération, 1er juillet 2019

Hikaru Fujii, Les Nucléaires et les Choses à la Kadist Art Foundation, 21, rue des Trois-Frères, 75018. Jusqu’au 28 juillet.

Image : © Takamitsu Yoshino

http://archivesgamma.fr/2015/01/08/empaille