Eusapia

O.1905-1

Pierre fait tout pour qu’Eusapia ne puisse pas bouger la table devant laquelle elle est assise. La flamme de la bougie détecte le moindre de ses mouvements. Malgré cela, par trois fois, la table s’élève et reste quelques secondes en l’air. Plusieurs savants étaient déjà convaincus des capacités d’Eusapia Palladio à déplacer des objets à distance ou à faire apparaître des « ectoplasmes ». Pierre Curie conclut que le phénomène doit avoir un rapport avec l’énergie.

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Peu de choses, exceptée la science, intéressent Marie. Pierre est le premier à se passionner par le phénomène né du spiritisme. Les deux époux cherchent dans le spiritisme une réalité physique et scientifique cachée derrière les phénomènes pseudoscientifiques qu’ils observent. C’est ainsi qu’ils sont amenés à coopérer pour que le paranormal devienne une réalité et soit digne d’être étudié scientifiquement. Ensemble, ils arrivent à la pointe de l’expérimentation spirituelle. À cette époque, on découvrait de nombreuses radiations invisibles. On pensait trouver une explication scientifique qui confirmerait cette croyance. À partir de là, les séances de spiritisme sont menées comme des expériences scientifiques.

Marie et Pierre pensent que ces phénomènes sont étroitement liés avec la physique et s’emploient à l’étude des événements parapsychologiques. Ils mènent leurs investigations avec une grande rigueur à l’identique de celle employée pour leurs investigations scientifiques. Ils pensent pouvoir découvrir l’origine de certaines énergies mystérieuses qu’ils mettent en relation avec les phénomènes radioactifs.

Ils défendent l’importance de la parapsychologie jusqu’à s’impliquer complètement au sein de l’Institut général de psychologie créée en 1899. Dans cet institut s’étudie les phénomènes physiques paranormaux. Son objectif est de reconnaître publiquement ces phénomènes.

Dans ce centre, les Curie unissent leurs investigations à celles d’autres physiciens, des esprits scientifiques et des autorités intellectuelles de l’époque. Les séances commencent et l’on recherche un financement spécial qui permet de ne pas regarder à la dépense. Un laboratoire spécial est fondé. Il possède toutes les machines nécessaires pour enregistrer les phénomènes physiques observés au cours de ces séances : les rêves, les changements de température, les mouvements des objets, et tous ceux qui échappent à la perception humaine, comme les vibrations sonores, la radioactivité, les champs magnétiques et plus encore.

Coopérer avec une médium. Cette idée émerge en 1904. Il s’agit d’expérimenter avec la médium la plus célèbre de l’époque en France : Eusapia Palladino. Les études avec la médium durent trois ans pendant lesquels se tiennent pas moins de quarante séances. En juin 1906 Pierre et Marie en ont déjà menées un grand nombre. Lui se montre plus enthousiaste qu’Elle dans la démarche mais tous deux reconnaissent ouvertement que le phénomène de la médiumnité existe et qu’en douter serait absurde.

Pierre assiste à une première séance, sans Marie. Nous sommes en été 1905. Voici la scène :

La médium se tient à une table rectangulaire avec six personnes inconnues d’elle et de Pierre. Ce dernier fait tout pour que Eusapia ne puisse pas bouger la table, ni avec ses mains, ni avec ses genoux ou ses jambes. Il place une bougie sous la table pour détecter le moindre mouvement suspect. Malgré cela, en peu de temps, la table s’élève de quelques centimètres et reste suspendue quelques secondes et ceci par trois fois. Ensuite, tous voient sortir de derrière un rideau un bras noir qui les touchent comme s’il touchait des objets. Pierre en conclut que le phénomène a un rapport avec l’énergie. Il est très impressionné et décide sur le champ d’assister à deux séances supplémentaires, accompagné de Marie.

Par la suite, les époux Curie participent à cinq séances. Ils attachent les pieds de la médium à la chaise pour s’assurer de son inaction.  Ils observent des mouvements étranges d’objets, de lévitation de table et de bien d’autres phénomènes. Pierre s’obstine à découvrir ce qu’il y a derrière tous ces phénomènes paranormaux. Une recherche qui va s’interrompre brutalement.

Pierre travaille à la construction d’un appareil capable de mesurer la respiration de la médium pour la séance suivante de spiritisme. La mort le surprend en 1906. Il est renversé par une voiture à cheval. Marie Curie passe de l’état d’épouse jeune et heureuse à celui d’une veuve triste et définitivement solitaire. Plus sceptique que son mari, quant aux pouvoirs de la médium Palladino, elle cesse d’assister aux séances de spiritisme et se concentre sur son travail en laboratoire. Elle meurt 28 ans plus tard, en juillet 1934 à 66 ans à Passy en France.

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Eusapia Palladino (21 janv. 1854 – 16 mai 1918)

Eusapia Palladino née en 1854, est une médium italienne qui connaît une notoriété internationale. Elle développe son activité en Italie, en France, en Allemagne, en Pologne et en Russie. En 1905, elle arrive à Paris et connaît de hauts personnages intellectuels, des scientifiques différents incluant les époux Curie, prix Nobel de physique. Elle devient la diva des scientifiques.

Au cours de ses soirées de spiritisme, elle montre ses pouvoirs extraordinaires paranormaux: lévitation d’objets, matérialisation d’esprits, apparition de visages de défunts dans l’argile et communication avec des disparus à travers son esprit médiateur: John King.

Eusapia, suggérée tout-àcoup, dit à Otero : Prends ce vase plein d’argile, mets-le en face de moi, sur cette chaise, et indique l’endroit où tu veux que le phénomène se produise. L’argile fut mise à 2 mètres environ d’elle, bien examinée par M. Otero, et couverte de son mouchoir blanc ; il indique l’endroit. Nous regardions Eusapia qui, poussant le bras droit convulsivement, tourne la main dans cette direction, et étendit trois doigts, leur imprimant un mouvement indéfinissable, en disant : c’est fait! Fig. 35. Empreintes de mains obtenues dans l argile, à distance, avec Eusapia par M. Gellona. Notons toujours les mouvements exécutés par les membres matériels du médium pour diriger la main fantomale. Poursuivons : Ayant enlevé le mouchoir, nous trouvâmes l’empreinte des trois doigts, au point précis indique par le professeur Otero. A cette preuve évidente, palpable, écrasante, d’une puissance surnaturelle (Non, pas surnaturelle du tout, mais seulement inconnue de la généralité du public. ), d’une force fluidique invisible qui émane de cette femme, qui se dégage de tous ses pores et de ses doigts de magicienne, mais soumise à une volonté étrangère à notre, humanité, le professeur Otero, M. Tassi et l’ingénieur F. Agri, se regardèrent stupéfaits, remercièrent respectueusement l’invisible John, qui répondit à l’instant, en saluant par quatre coups très forts dans la table restée isolée au milieu de la chambre…

M. le docteur Ochorowicz a eu la bonne fortune d’observer également la production d’une empreinte de doigts dans d’excellentes conditions, l’argile n’étant même pas recouverte d’un tissu quelconque. Ceci a eu lieu chez lui, à Varsovie, en Il venait d’obtenir dans l’obscurité un moulage de figure que nous étudierons tout à l’heure, et il se rendait dans la salle voisine pour l’examiner à la lumière. Laissons-lui la parole : Je pris alors le plat d’argile et nous passâmes dans la salle à manger pour mieux examiner l’empreinte que je plaçai sur une grande table, près d’une grosse lampe à pétrole. Eusapia, retombée en transe, resta quelques instants debout, les deux mains appuyées sur la table, immobile et comme inconsciente. Je ne la perdais pas de vue et elle me regardait sans rien voir. Ensuite, d’un pas incertain, elle se dirigea à reculons vers la porte et passa lentement dans la chambre que nous venions de quitter. Nous la suivîmes tous en l’observant et en laissant l’argile sur la table. Nous étions déjà arrivés en cette chambre lorsque, s’appuyant contre le battant de la porte, elle fixa les yeux sur l’argile qui était restée sur la table. Le médium était bien éclairé ; on était à deux ou trois mètres et nous apercevions nettement tous ces détails. Tout-à-coup, Eusapia tendit brusquement la main vers l’argile, puis s’affaissa en poussant un gémissement ; nous nous précipitâmes vers la table, et nous vîmes, à côté de l’empreinte de la tête, une nouvelle empreinte très forte, d’une main qui s’était produite ainsi sous la lumière de la lampe et qui ressemblait fort à la main d’eusapia. C’est-à-dire au moyen de coups frappés dans le meuble

https://docplayer.fr/82498836-Les-apparitions-materialisees-des-vivants-et-des-morts.html#

 

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