Radiation

O.1913-2

Kandinsky described his feeling upon the discovery of the radioactive decay: “In my soul, it was the same as the decay of the whole world. Suddenly the sturdiest walls collapsed. Everything became uncertain, unsteady, and soft. It would not have amazed me, if a stone had melted into air before me and become invisible”. Kandinskii’s quest for abstraction alludes to the apocalyptic imagery. His world of the new matter bears the signs of the end of time, while
Larionov’s one – just occasional references to the history of matter’s dissociation.

“Mikhail Larionov’s Rayonism and the Scientific Mythologies of the Late Nineteenth and Early Twentieth Century”
Ekaterina Bobrinskaya, State Institute for Art Studies, Moscow, Russia

Venezia Arti, Nuova serie 2 – Vol. 29 – Dicembre 2022

Kandinsky described his feeling upon the discovery of the radioactive decay: “In my soul, it was the same as the decay of the whole . Suddenly the sturdiest walls collapsed. Everything became uncertain, unsteady, and soft. It would not have amazed me, if a stone had melted into air before me and become invisible”. Kandinskii’s quest for abstraction alludes to the apocalyptic imagery. His world of the new matter bears the signs of the end of time, while
Larionov’s one – just occasional references to the history of matter’s dissociation.

’s Rayonism and the Scientific Mythologies of the Late Nineteenth and Early Twentieth Century”
Ekaterina Bobrinskaya, State Institute for Art Studies, Moscow, Russia

Venezia Arti, Nuova serie 2 – Vol. 29 – Dicembre 2022

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In On the Spiritual in Art Kandinsky writes of “professional men of learning who test matter again and again, who tremble before no problem, and who finally cast doubt on the very matter which was yesterday the foundation of everything, so that the whole universe rocks.  The electron theory—i.e. the theory of moving electricity, which is supposed completely to replace matter completely has found lately many keen proponents . . . .” Similarly, Kandinsky’s well-known reference to the “collapse” or “further division of the atom” in his 1913 “Reminiscences,” which has sometimes been read negatively, was clearly a positive response to the turn-of-the century ferment in the wake of the discoveries of the electron and radioactivity and ideas of the as the possible source of matter.[xxvii]

Aussi est-ce à peu près dans les mêmes termes que Kandinsky rapporte l’impression que fit sur lui la découverte de la radioactivité par Henri Becquerel dès 1896, et peut-être aussi les hypothèses théoriques de Niels Bohr, le premier physicien qui proposa en 1913 un modèle pour la structure de l’atome, dit « modèle planétaire », ou « modèle de Bohr ». Que la matière soit atomique, qu’elle se résolve en corpuscules discrets, eux-mêmes composés de particules plus infimes encore, conduit à penser que tout objet est comme une meule de foin, un amas fragile, un agrégat privé de cohésion interne, et qu’une secrète instabilité menace sourdement le monde, quelque chose comme l’imminence d’un Déluge, qui fait de l’univers matériel un édifice menacé de ruine, un sur le point de s’écrouler : « Un événement scientifique, rapporte Kandinsky, leva l’un des obstacles les plus importants sur cette voie [celle qui conduit à l’Abstraction]. Ce fut la division poussée de l’atome. La désintégration de l’atome était la même chose dans mon âme que la désintégration du monde entier. Les murs les plus épais s’écroulaient soudain. Tout devenait précaire, instable, mou. Je ne me serais pas étonné de voir une pierre fondre en l’air devant moi et devenir invisible. La science me paraissait anéantie : ses bases les plus solides n’étaient qu’un leurre, une erreur de savants qui ne bâtissaient pas leur édifice divin pierre par pierre, d’une main tranquille, dans une lumière transfigurée, mais tâtonnaient dans l’obscurité, au hasard, à la recherche de vérités, et dans leur aveuglement prenaient un objet pour un autre » (Regards, p. 99). Il y a là plus qu’une sorte de prophétie de l’apocalypse nucléaire : un effroi devant l’audace sacrilège de la science qui profane les secrets de la création et réveille les forces obscures enfouies dans le sein de la matière. Cette condamnation de la science moderne, d’inspiration parfaitement rétrograde, on la trouvait déjà dans Du Spirituel dans l’art (chap. III : « Tournant spirituel ») : « De vrais savants scrutent la matière, ils y passent leur vie, aucune ne les effraie. Et finalement, ils en arrivent à mettre en doute l’existence de cette matière sur laquelle, hier encore, tout reposait, sur laquelle l’univers entier s’appuyait. La théorie des électrons, c’est-à-dire de l’électricité dynamique, qui doit remplacer intégralement la matière, trouve, actuellement [allusion aux travaux de et de Bohr], de hardis pionniers. Ils vont de l’avant, oubliant toute prudence et succombent dans la conquête de la citadelle de la science nouvelle, tels ces soldats qui, ayant fait le sacrifice de leur personne, périssent dans l’assaut désespéré d’une forteresse qui ne veut pas capituler. Mais il n’y a pas de forteresse imprenable » (p. 57-58). La science, qui fait le pari de l’objectivité, et pose la connaissance dans l’extériorité du monde visible, en vient ainsi à se détruire elle-même, puisqu’elle démontre elle-même l’irréalité de ce monde dont elle prétend pourtant expérimenter l’objectivité, et sur lequel elle entreprend de fonder la vérité. Ainsi semblent damnés, c’est-à-dire voués à l’apocalypse, les aveugles qui ont cherché la nécessité hors d’eux-mêmes, dans l’extériorité, alors qu’il n’y a de nécessité qu’intérieure, intuitivement éprouvée par la flamme où s’éclaire et parfois se brûle la vie de l’esprit.

http://www.jdarriulat.net/Essais/EsthetiqueAbstraction/EsthetiqueAbstraction4.html

http://archivesgamma.fr/2022/03/27/4916